La Tarentaise est une longue vallée savoyarde qui concentre des paysages et des sites de réputation mondiale dans un territoire étonnamment compact. Entre le Cormet de Roselend, le vallon de Rosuel aux portes du parc national de la Vanoise, les cols mythiques du Tour de France et l’Italie à portée de col, ce pays de hautes montagnes accumule les incontournables. Voici nos 15 coups de cœur pour découvrir la Tarentaise, de Bourg-Saint-Maurice à Val d’Isère, été comme hiver.
1 / Albertville, la cité médiévale de Conflans et l’héritage olympique

Porte d’entrée historique de la vallée, Albertville est une étape culturelle incontournable qui lie l’histoire ancienne de la Savoie à son épopée moderne. Perchée sur son éperon rocheux, la cité médiévale de Conflans domine la ville : ce bourg fortifié du XIVe siècle a conservé tout son charme avec ses ruelles pavées, ses façades en briques roses, ses enseignes en fer forgé et sa place centrale animée. On y visite le Musée d’Art et d’Histoire, installé dans la superbe Maison Rouge. En vallée, le Tremplin (Halle Olympique) et le Parc Olympique replongent les visiteurs dans l’émotion des Jeux de Winter 1992. Une excursion idéale pour lancer son séjour ou pour s’offrir une coupure historique.
2 / Le vallon de Rosuel, porte du parc national de la Vanoise
Le vallon de Rosuel, à Peisey-Nancroix, est l’une des plus belles portes d’entrée du parc national de la Vanoise, le premier parc national de France créé en 1963. À 1550 mètres d’altitude, ce plateau dominé par les glaciers du Mont Pourri et de Bellecôte déploie un cirque de montagne parmi les plus grandioses des Alpes du Nord. La Maison du Parc de Rosuel propose des expositions sur la faune (gypaète barbu, bouquetins, chamois, aigles royaux), les glaciers et la biodiversité alpine. Les sentiers accessibles à tous, y compris aux poussettes sur les premiers kilomètres, mènent vers des cascades, des alpages fleuris et les premières vues sur les sommets glaciaires. En hiver, le domaine nordique de Peisey-Nancroix longe les limites du parc pour le ski de fond et les raquettes.
3 / Le hameau du Monal, face aux glaciers du Mont Pourri

Le Monal (1 874 m) est le hameau d’alpage le plus photographié de la Tarentaise : ses chalets de pierre, de bois et de lauze, nichés dans un écrin de mélèzes face aux glaciers du Mont Pourri (3779 m), composent l’image intemporelle des Alpes savoyardes. Depuis le parking des Mélèzes à Sainte-Foy-Tarentaise (accessible en navette gratuite en été), une balade de 45 minutes monte vers ce havre de paix sans voiture ni bruit. Le vallon du Clou, au-delà du hameau, prolonge vers un alpage protégé et sauvage avec des vues saisissantes sur les glaciers. Ces chalets datant du XIXe siècle, utilisés autrefois pour les troupeaux et les hommes, sont aujourd’hui pour certains réinvestis par des familles attachées à cet art de vivre montagnard.
4 / Le col de l’Iseran, plus haut col routier d’Europe
Le col de l’Iseran (2 770 m) est le plus haut col routier d’Europe, reliant la Tarentaise à la Haute-Maurienne par une route spectaculaire qui traverse des paysages de plus en plus minéraux et grandioses. Depuis Bourg-Saint-Maurice, la montée passe par Val d’Isère et le barrage du Chevril avant d’attaquer les derniers kilomètres dans un paysage quasi lunaire, surtout en automne. Au sommet, une chapelle perchée et un panorama à 360° sur les Alpes françaises et italiennes. La descente vers Bonneval-sur-Arc, un des plus beaux villages de France, et la Maurienne révèle l’un des paysages de haute montagne les plus intacts des Alpes françaises. À vélo, la montée depuis Bourg-Saint-Maurice est l’une des grandes ascensions des Alpes : pour les cyclistes du Tour de France, l’Iseran est la montée la plus haute jamais empruntée par la course.
5 / Rafting et eaux vives sur l’Isère

L’Isère qui prend sa source à Val d’Isère et traverse toute la Tarentaise est l’un des plus grands terrains d’eaux vives des Alpes françaises. À Bourg-Saint-Maurice, site d’accueil des championnats de France de kayak, ses rapides cadencés offrent des sensations à toutes les intensités. Le rafting (accessible dès 8 ans, sans expérience, encadrement diplômé) et le canoë-raft sont idéaux pour les familles. L’hydrospeed, avec flotteur individuel et palmes, pousse l’adrénaline un cran plus loin. Pour les amateurs de glisse douce, le kayak et le canoë permettent d’explorer la rivière à son rythme en admirant les paysages de la Haute-Tarentaise. Plusieurs agences locales proposent des sorties toute la saison depuis Bourg-Saint-Maurice.
6 / Le funiculaire des Arcs et l’architecture Charlotte Perriand
Le funiculaire des Arcs relie Bourg-Saint-Maurice à Arc 1600 en quelques minutes : une montée spectaculaire qui donne accès à l’une des architectures de montagne les plus remarquables des Alpes. Charlotte Perriand, designer collaboratrice de Le Corbusier, y a conçu dans les années 1970 des ensembles d’immeubles intégrés au terrain dans un esprit de fonctionnalisme alpin qui fait aujourd’hui l’objet d’un intérêt patrimonial croissant. Les Arcs, c’est aussi un vaste domaine skiable relié à La Plagne dans l’espace Paradiski (425 km de pistes). En été, le domaine ouvre ses 151 km de pistes VTT, sa tyrolienne de l’Aiguille Rouge (Arc 2000, 48 €) et ses sentiers de découverte. Un territoire à double visage qui conjugue modernité architecturale et nature préservée.
7 / Champagny-en-Vanoise et ses glaciers
Champagny-le-Haut, au fond de la vallée de Champagny-en-Vanoise, est l’un des petits paradis méconnus de Tarentaise : une route sinueuse et étroite entre falaise et ravin mène à 1 500 mètres d’altitude dans un vallon verdoyant où les glaciers de la Grande Casse (3 855 m) et de la Grande Motte règnent en maîtres. L’enchantement est immédiat : alpages intacts, vaches sur les pentes, absence totale d’aménagement touristique agressif. Champagny est aussi la porte d’entrée vers certaines des plus belles randonnées du parc de la Vanoise, avec des dénivelés accessibles et des paysages de haute montagne parmi les plus sauvages de Tarentaise. Un fond de vallée secret que les initiés gardent jalousement pour eux.
8 / Gravir la Grande Sassière (3 747 m) sans matériel d’alpinisme

La Grande Sassière (3 747 m) est l’un des plus hauts sommets des Alpes accessibles à pied sans équipement d’alpinisme en plein été. Son départ se trouve à 30 minutes de Bourg-Saint-Maurice, au-dessus du barrage du Chevril sur la commune de Tignes. Depuis le parking du lac du Saut (2 280 m), 1 500 mètres de dénivelé sur 12 km aller-retour (7h30) mènent à ce sommet panoramique à la frontière franco-italienne. Bonnes chaussures et bâtons indispensables. Réservée aux randonneurs sportifs en bonne condition physique, par beau temps stable uniquement. Le panorama sur la Vanoise, le Grand Paradis et le Mont-Blanc côté italien est parmi les plus beaux de Tarentaise.
9 / Voler en parapente depuis les Arcs
Les Arcs offrent des conditions de parapente exceptionnelles : des dénivelés pouvant atteindre 2 000 mètres, facilement accessibles grâce aux remontées mécaniques, avec un atterrissage en douceur dans la vallée de Bourg-Saint-Maurice. Plusieurs écoles proposent des vols biplaces dès 5 ans (jusqu’à 100 kg) : le vol découverte (20 min, 130 €) survole la vallée de l’Isère face au Mont-Blanc ; le vol performance (40 min et plus, 180 €) utilise les ascendances thermiques pour s’élever au-dessus des sommets. Les options pilotage et voltige sont incluses sans supplément chez certaines structures. Disponible été comme hiver. Des prestataires sont également basés directement à Bourg-Saint-Maurice pour des décollages depuis la vallée.
10 / La coopérative du Beaufort, le prince des gruyères (été/hiver)
La coopérative laitière de Bourg-Saint-Maurice produit et affine le beaufort AOP, surnommé le « prince des gruyères » : un fromage à pâte pressée cuite fabriqué exclusivement avec le lait des vaches Tarine et Abondance d’alpage dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres. Son espace muséal de 300 m² explique les étapes de fabrication, la montée en alpage et les spécificités de cet AOP unique. La visite se termine en boutique avec une dégustation : le beaufort d’été (affiné 5 mois minimum) et le beaufort d’alpage (lait de vaches en altitude) ont des caractères bien distincts.
11 / Le col du Petit-Saint-Bernard et ses jardins botaniques
Le col du Petit-Saint-Bernard (2 188 m), à 25 minutes de Bourg-Saint-Maurice, est l’un des plus anciens passages alpins entre France et Italie. Les hospices, fondés au XIe siècle par saint Bernard de Menthon, ont accueilli pendant des siècles voyageurs et pèlerins traversant les Alpes. Leurs jardins botaniques d’altitude (Jardin Chanousia, créé en 1897) conservent une collection remarquable de plantes alpines des deux versants. Au col, un cromlech (cercle de menhirs préhistoriques) ajoute une dimension archéologique inattendue à ce passage. De l’autre côté, La Thuile et la vallée d’Aoste ouvrent sur la gastronomie et les vins valdôtains.
12 / Aquamotion à Courchevel, le géant aquatique des Alpes

Niché à 1 500 mètres d’altitude entre Courchevel et Moriond, Aquamotion est le plus grand complexe aqualudique de montagne d’Europe. Conçu dans un écrin architectural qui épouse la montagne, le site propose deux univers. Côté ludique : lagune intérieure/extérieure à 32°C, toboggans, rivière sauvage et même une vague de surf indoor. Côté balnéo (Adultes) : bassins de relaxation salins, saunas, hammams et jacuzzi extérieur face aux sommets. Le repli parfait par gros mauvais temps ou après une journée intense sur les pistes des 3 Vallées.
13 / Le Grand Spa Thermal de Brides-les-Bains
Au pied des 3 Vallées, Brides-les-Bains est la capitale thermale de la Tarentaise. Son Grand Spa Thermal (2 700 m²) est l’un des espaces de bien-être les plus réputés des Alpes pour l’alpinothérapie et la relaxation. Alimenté par des eaux thermales naturellement chaudes et chargées en minéraux, il propose un couloir de nage de 25 mètres, des bassins d’eau thermale, des bains de vapeur et un immense espace sensoriel (sauna de gommage, glacière, douches expérimentales). Une parenthèse régénérante incontournable en été après les GR de la Vanoise comme en hiver après le ski.
14 / Saint-Martin-de-Belleville et le sanctuaire Notre-Dame-de-la-Vie
Saint-Martin-de-Belleville, très grande commune de ski (support de Val Thorens et des Menuires), a aussi conservé son âme de village savoyard traditionnel. Son joyau absolu est le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Vie, un monument historique majeur d’art baroque savoyard construit au XVIIe siècle. Ses trois coupoles intérieures, ses fresques colorées et son retable doré à la feuille d’or sont d’une richesse artistique exceptionnelle. Une étape culturelle et spirituelle majeure, idéale à combiner avec une table gastronomique dans le village ou une randonnée vers les alpages de la vallée.
15 / Dormir en refuge dans la Vanoise
Le parc national de la Vanoise est l’un des territoires les mieux dotés en refuges de montagne des Alpes françaises. Une nuit en refuge reste une expérience à part : les levers de soleil sur les glaciers, le silence de la haute montagne, les échanges entre randonneurs et alpinistes, et la promesse d’une belle sortie au petit matin. Depuis la Tarentaise, les refuges emblématiques incluent le refuge du Rosuel (vallon de Rosuel, Peisey-Nancroix), le refuge de la Martin (accès depuis Sainte-Foy-Tarentaise) et les refuges du GR55, tour de la Vanoise. Pour une première nuit en refuge accessible à toute la famille, le vallon de Rosuel propose des itinéraires balisés sans difficulté technique. L’opération « Nuits au refuge » organisée par le parc national de la Vanoise en été est l’occasion idéale de découvrir ce mode d’hébergement avec un accompagnement de qualité.
Et aussi : d’autres pépites à découvrir en Tarentaise
Si vous prolongez votre séjour ou que vous connaissez déjà les grands classiques, voici quelques alternatives incontournables :
- La Basilique Saint-Martin d’Aime : un joyau de l’art roman du XIe siècle bâti sur des vestiges romains, témoin du passé antique de la vallée (Aime étant l’ancienne capitale d’un peuple celte, les Centrons).
- Pralognan-la-Vanoise : le berceau historique de la montagne en Savoie, idéal pour une journée de randonnée familiale au pied de la Grande Casse.
- La route des cols transalpins (Italie) : en été, poussez après le col du Petit-Saint-Bernard pour une journée de dépaysement en Vallée d’Aoste, ses ruines romaines et ses thermes de Pré-Saint-Didier.
- La base de loisirs des Versants d’Aime (Macot) : pour une journée farniente en juillet/août avec son plan d’eau surveillé et sa plage de sable au bord de la piste cyclable.
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Questions fréquentes sur la Tarentaise
Que faire en Tarentaise en été ?
L’été, la Tarentaise est avant tout un territoire de randonnée, de vélo et de haute montagne. Les incontournables : le Cormet de Roselend et ses lacs, le vallon de Rosuel aux portes de la Vanoise, le hameau du Monal face aux glaciers du Mont Pourri, le col de l’Iseran (plus haut col routier d’Europe) et Champagny-en-Vanoise. Pour les sportifs, la Grande Sassière (3 747 m sans matériel d’alpinisme), le rafting sur l’Isère et le parapente depuis les Arcs sont les sorties phares. Pour les familles, la base de loisirs d’Aime (baignade gratuite) et la coopérative du Beaufort sont des valeurs sûres.
Que faire en Tarentaise quand il pleut ?
Par mauvais temps en Tarentaise, la coopérative du Beaufort à Bourg-Saint-Maurice et son espace muséal sont le repli culturel et gourmand idéal. Les thermes de Brides les Bains et Aquamotion offrent une expérience balnéo exceptionnelle par tous les temps. Albertville (45 min) avec son quartier Conflans médiéval et Chambéry (1h15) avec son château des ducs et son musée savoisien rénové (gratuit) sont les excursions culturelles les plus intéressantes de la région par pluie persistante.
Que faire en Tarentaise en famille ?
Pour les familles, la Tarentaise offre plusieurs niveaux d’expérience. Le plus accessible : la balade au Monal (navette gratuite, 45 min de marche), la base de loisirs d’Aime (baignade gratuite), la coopérative du Beaufort (dégustation) et le vallon de Rosuel avec la Maison du Parc (sentiers accessibles en poussette). Pour les familles sportives : le rafting sur l’Isère (dès 8 ans), le parapente depuis les Arcs (dès 5 ans, 130 €) et la tyrolienne de l’Aiguille Rouge aux Arcs (dès 5 ans, 48 €). Pour les adolescents aventuriers : la Grande Sassière (3 747 m) et le col de l’Iseran à vélo.
Que faire en Tarentaise en hiver ?
La Tarentaise en hiver est le premier domaine skiable du monde avec les Trois Vallées (Courchevel, Méribel, Val Thorens), Paradiski (Les Arcs, La Plagne) et l’Espace Killy (Val d’Isère, Tignes). Hors ski, les thermes de Pré-Saint-Didier, le funiculaire des Arcs et l’architecture Perriand, Aoste et ses ruines romaines et une journée à Albertville ou Chambéry sont les meilleures excursions hivernales depuis la Tarentaise.
Où est la Tarentaise ?
La Tarentaise est une vallée alpine de Savoie traversée par l’Isère, qui prend sa source à Val d’Isère. Elle s’étend d’Albertville à l’ouest jusqu’à Val d’Isère à l’est, sur une cinquantaine de kilomètres, entre 350 m et 3 855 m d’altitude (point culminant de la Grande Casse). Elle est bordée au nord par le Beaufortain et le massif du Mont-Blanc, à l’est par l’Italie (val d’Aoste), au sud par la Maurienne et la Vanoise, et à l’ouest par la chaîne de Belledonne. Depuis Grenoble, comptez 1h30 pour Bourg-Saint-Maurice et 2h15 pour Val d’Isère.

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