Quand on part en montagne en été, même si l’on aspire à un peu de douceur météorologique, voir les neiges éternelles constitue toujours un instant magique. Encore faut-il savoir où et comment voir ces neiges en plein été ! Notez que la neige n’a rien d’éternel. Elle suit 2 processus distincts : soit la fonte, qui conduit à sa disparition, soit la transformation en glace, qui formera plus tard les glaciers. C’est à eux que nous nous intéressons dans cet article, car ce sont eux qui ont longtemps paru éternels.
Que sont les neiges éternelles ?

Les neiges éternelles désignent les zones enneigées en altitude qui ne fondent pas complètement d’une année sur l’autre. Il s’agit en réalité de glaciers ou de névés persistants, situés suffisamment haut pour que les chutes de neige hivernales compensent la fonte estivale. En France, on les trouve principalement dans les Alpes, les Pyrénées et en Corse.
À proprement parler, un spécialiste vous dirait donc que les neiges éternelles n’existent pas. Ce sont en fait, soit des plaques de neiges faiblement exposées au soleil qui fondent doucement, soit des glaciers. Dans les faits, ce sont des plaques blanches accrochées au sommet des montagnes, que nous assimilons à de la neige ! Jusqu’à fin août, on trouve dans le paysage des plaques de neige de l’hiver précédent. On appelle ces plaques des névés. Ils ne deviendront jamais des glaciers, sauf en cas de refroidissement climatique. Ils disparaissent généralement entre août et octobre.
On trouve des glaciers de toutes tailles sur les versants nord des montagnes au-dessus de 3 000 mètres d’altitude. On en trouve encore quelques-uns à d’autres expositions au-dessus de 4000 mètres. Dans les Alpes, la majorité de ces glaciers sont amenés à disparaître au cours du XXIe siècle. La fonte estivale accélérée et la remontée en altitude des précipitations neigeuses en expliquent le retrait.
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Comment se forme un glacier ?

Après une chute de neige, la neige ne reste pas posée au sol. Elle fond, elle regèle, elle s’agglomère… sous l’action des températures fluctuantes, du vent et de son propre poids… Les nombreuses poches d’air contenues entre les flocons disparaissent progressivement pour finir par former une couche de glace plus ou moins dense. Si cette couche de glace arrive à passer l’été (grâce à une altitude élevée et une faible exposition au soleil), elle va se densifier et d’année en année et former un glacier. Le poids de la glace accumulée va l’inciter à se déplacer progressivement vers des altitudes plus basses. Une langue glaciaire à l’image de la mer de Glace ou du glacier d’Aletsch se forme alors.
C’est le climat et la taille de la zone d’accumulation du glacier qui va déterminer la taille de sa langue glaciaire et sa vitesse. Si le réchauffement climatique s’accompagnait d’une hausse des précipitation neigeuses, on pourrait même voir les glaciers progresser.
Voici l’évolution du glacier de l’Étendard vue de notre vivant :
Quand aller voir les glaciers ?

Si vous rêvez de neiges éternelles bien blanches, nous vous conseillons le début de l’été. Au fur et à mesure de l’été, les pierres piégées dans la glace ressortent et les glaciers deviennent plus gris, bien qu’encore majestueux. Les hivers secs et les étés chauds font beaucoup souffrir les glaciers. Ce fut le cas de l’année 2022, qui marquera sans doute un tournant dans l’exploitation des glaciers pour le ski.
Où voir les neiges éternelles ?
Dans les Alpes françaises, les neiges éternelles se trouvent au-dessus de 2 500 à 3 000 mètres d’altitude selon l’exposition. Les sites les plus accessibles sont l’Aiguille du Midi à Chamonix (3 842 m), la mer de Glace, le glacier de la Girose à La Grave et le glacier de la Grande Motte à Tignes. E, regardant la vue satellite de Google Maps, les glaciers y sont fortement identifiables (ils sont blancs et ils descendent entre deux montagnes) :
Ici, on identifie plusieurs grandes zones glaciaires : le Valais, le massif du Mont-Blanc, la Vanoise et les Écrins. Plus au sud, les glaciers sont relativement anecdotiques.
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Quelques glaciers incontournables et facilement accessibles :
Voici quelques endroits où admirer les plus belles neiges éternelles des Alpes :
L’Aiguille du Midi, Chamonix
Si vous partez en été dans les Alpes, c’est là que vous verrez le plus de neiges éternelles. À 3800 mètres d’altitude, en haut du téléphérique, vous êtes plongés dans l’univers de la haute montagne, face au mont Blanc et à ses nombreux glaciers. C’est un site de choix à voir au moins une fois dans sa vie.


La mer de Glace, Chamonix
La mer de Glace est le glacier le plus connu du territoire métropolitain. Son flot de séracs descend du glacier du Géant et des Grandes Joraces en une langue glaciaire qui atteignait presque la vallée de Chamonix au XIXe siècle. Aujourd’hui, le glacier a perdu en masse et son front est remonté en altitude. Beaucoup moins impressionnant qu’au temps où on l’avait nommé « Mer de Glace », il reste un beau glacier, vivant, qui témoigne de la dynamique glaciaire. On l’atteint depuis Chamonix, par le train à crémaillère du Montenvers. Un espace muséal est aussi disponible. Une grotte de glace, creusée dans le glacier, vous permet d’explorer les glaces bleues et denses de la mer de Glace et en comprendre la dynamique.
Le Glacier des Bossons et la « Jonction »
Un peu en aval de Chamonix, le glacier des Bossons est un glacier impressionnant qui dévale directement des neiges éternelles du mont Blanc. Pour l’approcher et admirer ce glacier, l’idéal est de monter à « la Jonction », point de séparation entre les glaciers des Bossons et de Taconnaz. Ici, vous admirerez un glacier bien vivant et des séracs encore impressionnants.


Le glacier d’Argentière
Grand Glacier voisin de la mer de Glace, le glacier d’Argentière est l’autre grande langue glaciaire de la vallée de Chamonix. Moins aménagé que la mer de Glace, c’est également un beau glacier.
Photo : le glacier d’Argentière en 2009 par richardcjones, licence CC
La Grande Casse
Sommet de la Vanoise et de la Savoie, la Grande Casse culmine à 3855 mètres d’altitude et porte encore quelques glaciers. On peut les admirer depuis les hauteurs de Champagny en Vanoise ou depuis le col de la Vanoise, entre Termignon et Pralognan-en-Vanoise. On trouve aussi quelques glaciers au niveau du Mont Pourri, côté Tarentaise.


Tignes et le glacier de la Grande Motte
À Tignes, le glacier de la Grande Motte est exploité pour le ski depuis les années 70. Aujourd’hui, on y accède avec un funiculaire, puis un téléphérique à toit-terrasse qui permet d’admirer le glacier en été. Si le glacier de la Grande Motte a permis pendant un temps de développer le ski chaque saison, il est aujourd’hui très surveillé et en forte perte de masse. Là-haut, des parcours pédagogiques, passerelles et audioguides permettent de mieux appréhender l’évolution des glaciers.
Photo : STGM © S Cande
Le glacier de l’Étendard
À quelques heures de marche du col de la Croix de Fer, on atteint encore le front de ce glacier situé au nord du massif des Grandes Rousses. Si le glacier tend à se réduire rapidement, il garde encore de beaux restes. L’été dernier, le glacier s’est scindé en deux.


La Grave et le glacier de la Girose
À La Grave, entre Briançon et le Bourg d’Oisans, les vacanciers peuvent marcher sur le glacier de la Girose, entre 3 600 et 2 800 mètres d’altitude. Avec le glacier du Mont de Lans (où l’on skie aux 2 Alpes), ce dernier constitue la plus grande calotte glaciaire de France, avec plus de 6 km de surface glacée. Ici aussi une grotte creusée à la main permet d’entrer dans les entrailles du glacier. Des sorties sur le glacier, sans grande difficulté, sont proposées par des guides locaux.
La Meije, le Râteau et le glacier de la Girose depuis le lac noir d’Emparis, par Steynard, licence CC
Le glacier Blanc des Écrins
Au sud des Alpes, non loin de Briançon, le Pré de Madame Carle permet d’accéder au glacier Blanc et au glacier Noir. Il vous faudra une belle marche d’approche pour apercevoir le glacier blanc, surmonté par la splendide barre des Écrins.
Le glacier Blanc et la barre des Écrins par Fred Inklaar, licence CC


Le glacier d’Aletsch
On trouve aussi des glaciers ailleurs dans les Alpes : en Suisse, le glacier d’Aletsch est sans doute le plus beau et la plus connue des langues glaciaires alpines. On le rejoint par le Valais Suisse, à environ 2h30 de route de Chamonix ou Thonon-les-Bains, en France.
Photo par John Fowler, licence CC
Vos questions sur la neige éternelle
Les « neiges éternelles » désignent les zones enneigées en haute altitude qui ne fondent pas totalement d’une année sur l’autre. Scientifiquement, la neige n’est jamais vraiment éternelle : soit elle finit par fondre, soit elle se tasse et se transforme en glace sous son propre poids pour former un glacier. Ce que nous voyons en plein été sont donc soit des glaciers, soit des névés (plaques de neige de l’hiver précédent protégées du soleil).
Dans les Alpes françaises, on les trouve généralement au-dessus de 2 500 à 3 000 mètres d’altitude, selon l’exposition. Les sites les plus emblématiques et accessibles sont l’Aiguille du Midi et la Mer de Glace (Chamonix), le glacier de la Girose (La Grave) et le glacier de la Grande Motte (Tignes). On en trouve également dans les Pyrénées et, de façon plus anecdotique, en Corse.
L’étage nival commence là où les neiges persistent toute l’année. La température y est souvent proche ou inférieure à 0°C en moyenne annuelle. Même en été, si les températures diurnes peuvent être positives, les nuits restent très froides, ce qui permet de maintenir le cycle de gel nécessaire à la survie des glaciers.
Oui, il y aura toujours de la neige en hiver et des zones enneigées en haute altitude en 2050. Cependant, les scientifiques s’accordent sur le fait que la limite pluie-neige remontera et que la majorité des glaciers alpins situés en dessous de 3 500 mètres pourraient avoir disparu ou s’être considérablement réduits d’ici la fin du siècle.
Absolument. Le réchauffement climatique accélère la fonte estivale et fait remonter l’altitude des précipitations neigeuses. Les glaciers perdent chaque année de leur épaisseur et de leur longueur. Par exemple, le glacier de l’Étendard s’est récemment scindé en deux, et la mer de Glace a changé de physionomie. Toutefois, les glaces au sommet sont là pour encore longtemps !
Oui, une partie fond systématiquement. C’est l’équilibre entre les chutes de neige de l’hiver (accumulation) et la fonte de l’été (ablation) qui détermine la santé d’un glacier. Si la fonte est supérieure aux chutes de neige, le glacier recule. En fin d’été, la neige de surface disparaît souvent pour laisser place à la glace vive, plus grise car chargée de poussières et de minéraux.
Si vous voulez voir des neiges d’un blanc éclatant, privilégiez le début de l’été (juin et juillet). À mesure que la saison avance, la neige de l’hiver fond, les pierres piégées dans la glace ressortent et les glaciers prennent une teinte plus grise, bien qu’ils restent majestueux.

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