Sous nos latitudes, les précipitations commencent souvent sous forme de neige au niveau des nuages avant de fondre lors de leur chute et de devenir de la pluie. Selon la température des basses couches de l’atmosphère, il neige parfois en plaine ou parfois en montagne. Si la neige tombe souvent par températures inférieures à zéro degré, il arrive souvent qu’il neige par températures positives. Ce sont alors de gros flocons qui fondent arrivés au sol. Toutefois, c’est bien en dessous de zéro degré que la neige s’accumule au sol.
Les bases de la formation de la neige
La neige est la forme classique des précipitations en altitude, surtout en hiver. Elle se forme à très haute altitude, en toute saison, dans les nuages par l’agglomération de cristaux de glace autour de particules de poussières présents dans l’atmosphère. Ces cristaux s’agglomèrent pour former des flocons. Ils prennent la forme d’étoiles, de plaquettes, d’aiguilles ou de colonnes.
En France, la neige tombe généralement par des températures comprises entre -5 °C et +1 °C en plaine selon Météo France. Les flux d’ouest étant généralement doux, la neige reste rare en plaine dans notre pays. On la rencontre plus souvent en altitude, chaque hiver dès 800 mètres. Bien sûr, la neige se forme par des températures bien plus froides en altitude, de l’ordre de -15°.
Notez qu’une température inférieure à zéro degré en un lieu donné ne donnera pas toujours de la neige. En effet, pour que la neige arrive au sol, elle ne doit pas rencontrer de couche d’air chaud. Si c’est le cas, on obtient de la pluie verglaçante.
Parfois, l’intensité des précipitations neigeuses refroidie l’air provisoirement et peut faire baisser la limite pluie-neige de quelques dizaines de mètres, voire centaines de mètres. C’est ce qu’on appelle l’isothermie.
En plaine, par temps froid, on peut aussi rencontrer de la neige dite « industrielle ». Elles se produisent par temps anticyclonique, en cas d’inversions de températures. Dans ce contexte, l’air chargé d’humidité et de poussière reste bloqué proche du sol, accumulant les pollutions urbaines et de chauffage. Par température négative et en l’absence de vent, la vapeur d’eau se fixe sur les particules de poussière, gèle et se transforme en neige. Cela n’a toutefois rien de systématique.
Les différents types de neige
On distingue souvent trois types de neige, liés à leur état de conservation :
- La neige sèche est une neige froide et poudreuse. On rencontre ce type de neige le plus souvent en montagne, quand la neige tombe très froide.
- La neige dite humide est une neige qui est tombée par température légèrement positive. Elle a commencé à fondre et contient de l’eau. Elle est idéale pour les bonhommes de neige. C’est le type de neige le plus fréquente en plaine et celle qui crée le plus de désagréments.
- La neige dite mouillée est une neige très humide qui tombe entre 1 et 3°. Elle dérange peu la circulation, mais peut causer du verglas en cours de nuit. Nous l’appelons de la pleige chez Alti-Mag.

Les stations produisent également de la neige artificielle, de culture ou de production. Cette neige, dont nous vous parlons plus précisément dans cet article, est en fait très différente de la neige naturelle. La neige naturelle est une matière légère formée de cristaux qui s’agglomèrent entre eux. Elle laisse place à beaucoup d’air en son sein, ce qui la rend d’ailleurs isolante. La neige artificielle est constituée de microbilles de glaces formées dans l’air froid par projection d’eau et d’air à haute pression dans l’air. L’eau est projetée dans l’air par des canons à neige, ou des enneigeurs. Selon la température et l’humidité de l’air, elle peut être formée jusqu’à 1°.
L’influence de l’altitude sur la formation de la neige
Vous l’aurez compris, l’altitude ne transforme pas la pluie en neige. C’est plutôt l’inverse : la neige se transforme en pluie en tombant. Plus on va vers le nord, plus la limite pluie-neige est basse. Elle varie également au sein des massifs, d’ouest en est notamment. Elle tombe ainsi bien plus bas dans les Vosges que dans les Pyrénées et les Alpes du Sud par exemple. Elle peut également tomber plus bas dans les Préalpes que dans les Alpes internes, ou l’inverse. En règle générale, on considère qu’on perd 1° en s’élevant de 150 m. S’il pleut ainsi à Grenoble avec 6° de température, il faudra s’élever de 900 mètres pour apercevoir les premiers flocons. Il neigera donc aux alentours de 1100 mètres autour de la ville. Comme il y a souvent une bulle de chaleur autour des grandes villes, la limite pluie-neige sera peut-être plus basse.
Les vallées peuvent également conserver des poches de froid. Ainsi, il peut neiger à 1000 mètres dans une vallée et à 800 dans la vallée d’à côté. La configuration de la vallée et les vents peuvent expliquer ces phénomènes. Toutefois, si la perturbation dure longtemps, elle a tendance à standardiser la masse d’air.
À partir de quelle altitude neige-t-il ?

Chaque perturbation selon qu’elle vienne du nord-ouest, de l’est ou du sud-ouest vient avec sa masse d’air et ses températures. Il neige parfois à 200 mètres, parfois à 2000 mètres. En général, dans les Alpes, l’enneigement commence aux alentours de 1000 mètres dans les Préalpes et de 1200 mètres dans les Alpes internes. Bien sûr, l’enneigement remonte beaucoup plus haut sur les versants sud, parfois plus bas sur les versants nord. L’historique neige des 20 dernières années nous montre aussi qu’il y a une très forte variabilité de l’enneigement. Il en est de même pour l’altitude de la neige. Avec le réchauffement climatique, elle a aussi tendance à remonter en altitude.
FAQ : les réponses à vos questions sur la neige
Oui, il peut tout à fait neiger à -20°C et même à des températures encore plus basses. À des altitudes très élevées ou dans les régions polaires, les précipitations neigeuses se forment fréquemment dans des conditions de grand froid. Cependant, plus la température descend en dessous de -20°C, moins l’air peut contenir d’humidité, ce qui réduit la probabilité de fortes chutes de neige. Dans ces conditions, les flocons sont généralement petits et légers.
La neige commence à fondre dès que la température dépasse 0°C, mais ce processus peut varier selon les conditions environnementales. Sous un ciel dégagé, l’effet du rayonnement solaire peut accélérer la fonte même à des températures proches de zéro. En revanche, par temps nuageux, la fonte sera plus lente car la chaleur solaire est atténuée. L’exposition au vent ou à des surfaces plus chaudes, comme une route ou un bâtiment, peut également influencer la vitesse de fonte. Enfin, bien entendu, en versant sud, la neige fond plus vite qu’en versant nord ou en forêt, où elle est protégée des rayons du soleil. Généralement, les fontes les plus rapides en montagne ont lieu quand il pleut et qu’il fait doux. On dit que la neige est lessivée.
La neige tombe des arbres par temps nuageux principalement à cause de l’humidité ambiante. Lorsque l’air est chargé d’humidité, comme c’est souvent le cas par temps nuageux, les cristaux de neige accumulés sur les branches absorbent cette humidité. Cela peut alourdir la neige et diminuer son adhérence aux branches, entraînant sa chute. De plus, une légère hausse de température souvent associée à un temps nuageux peut provoquer une fonte partielle de la neige, rendant les flocons plus lourds et provoquant leur détachement.
La neige n’a pas d’utilité en soi. C’est une forme de précipitation que l’on retrouve par temps froid dans les régions tempérées. Toutefois, en montagne, elle a de nombreuses utilités économiques et écosystémiques. Notons notamment :
– Elle permet de pratiquer le ski, la luge et diverses formes de glisse. Par là, même, elle est le pilier économique des territoires ruraux de montagne, mais aussi de grandes entreprises et de petits propriétaires en montagne. Plusieurs entreprises et salariés vivent du déneigement également, indépendamment de l’activité touristique.
– Elle est l’élément constitutif de la glace des glaciers. C’est l’importance des précipitations neigeuses dans la zone d’accumulation de ces derniers qui permet à ces derniers de se développer.
– Elle constitue également une couche isolante parfois bénéfique pour la faune et la flore alpine.
– Elle est aussi une réserve hydrique pour les torrents au printemps.
La neige constitue également un danger important en montagne, tant pour la circulation automobile, la vie des animaux et des habitants. Les avalanches constituent le principal risque causé par la neige en montagne.
Source : Météo France et dossier de presse Météo France

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