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Ils dominent la vallée, ont une forme caractéristique, une histoire particulière ou sont visibles de loin… Certains sommets possèdent une vraie mythologie et entretiennent une place singulière auprès des populations locales. Ils se nomment mont Blanc, mont Aiguille, Meije, aiguilles d’Arves, Grande Casse, mais aussi pointe de la Masse, mont d’Arbois et aiguille du Midi. Voici 15 sommets emblématiques des Alpes françaises.

Le mont Blanc, sommet des Alpes

Le Mont Blanc vu du sommet de l'Arcalod (alpes françaises). par Jean-Raphaël Guillaumin, Licence CC
Le Mont Blanc vu du sommet de l’Arcalod (alpes françaises). par Jean-Raphaël Guillaumin, Licence CC

Point culminant de l’Europe occidentale, le mont Blanc domine les Alpes à 4805 mètres d’altitude. Il a été gravi pour la première fois en 1786 par Jacques Balmat, un cristallier, et Michel Paccard, un médecin local. Depuis 1760,  le naturaliste genevois Horace Bénédict de Saussure, en visite régulière à Chamonix, offrait une récompense à qui l’emmènerait au sommet. Ce sera le cas l’année suivante, accompagné de dix-neuf personnes, dont Jacques Balmat. À l’époque, les montagnes sont considérées comme maudites et seuls quelques chasseurs et cristalliers s’y aventurent.

De nos jours, des milliers d’alpinistes montent au sommet chaque année et depuis 2019, l’accès au sommet est soumis à un quota pour limiter la pression sur le massif. La voie normale passe par le tramway du mont blanc depuis Saint-Gervais et par le dôme du gouter, un trajet devenu dangereux en fin d’été ces dernières années avec de nombreuses chutes de pierres.

En plus d’être un milieu exceptionnel, le mont Blanc est un point de mire dans toutes les Alpes du Nord. On le voit de loin, du Jura au mont Thabor, en passant par Lyon, Genève, les Préalpes et les sommets de la Vanoise. 

L’aiguille du Midi, la vigie du mont Blanc

Sommet de l'Aiguille du Midi par Simon Fitall - Adobe Stock
L’aiguille du Midi par Simon Fitall – Adobe Stock

De nombreux sommets du massif du Mont-Blanc sont également des légendes de l’alpinisme. On pense notamment à l’aiguille Verte, aux Drus, aux Grandes Jorasse ou au dôme de Miage.

L’aiguille du Midi, vigie face au mont Blanc et porte d’accès à la haute montagne, fait également partie intégrante du mythe chamoniard. À 3842 mètres d’altitude, on y croise depuis près de 70 ans des touristes qui font le tour de l’Europe et des alpinistes plus ou moins aguerris qui s’attaquent à la haute montagne.

Là-haut, on trouve diverses attractions : un pas dans le vide, une galerie vitrée, un tube métallique pour faire le tour du piton central, différents espaces muséaux et des boutiques. Mais le mieux, ça reste la terrasse panoramique et cette vue unique dont on bénéficie sur cette couche de neige et de glace qui restera, encore quelques décennies, des neiges éternelles. Depuis le sommet, on descend aussi la vallée blanche à ski, une sortie hors-piste inoubliable et plutôt accessible. À faire en étant accompagné d’un guide tout de même.

La Meije, la reine des Écrins 

Les sommets de la Meije par Murielle B Adobe Stock
Coucher de soleil sur la Meije par Murielle B Adobe Stock

Sommet emblématique des Écrins, la Meije n’est pas un, mais trois sommets tutoyant les 4000 mètres d’altitude. On y retrouve le Doigt de Dieu, le Grand Pic et le pic Central. C’est au grand Pic que la Meije culmine, à 3983 mètres d’altitude. Bien que moins haut que la barre des Écrins, la Meije est un sommet mythique des Alpes, du fait de sa difficulté d’accès. On observe bien le sommet depuis le col du Galibier, depuis les hauteurs de La Grave et depuis le col du Lautaret.

Dans l’histoire de l’alpinisme, c’est le dernier sommet majeur des Alpes à avoir été gravi en 1877, après dix-sept tentatives. C’est aussi une des rares premières réalisées par un Français à une époque où les Britanniques occupent le terrain des exploits d’altitude.

La reine Meije fascine toute une population, par son histoire et sa beauté, à tel point que certains amoureux des lieux en ont fait un prénom. Environ 245 Meije sont nées en France depuis les années 90.

La barre des Écrins, la carte postale

Le glacier Blanc et la barre des Écrins par Fred Inklaar, licence CC

La barre des Écrins est le plus haut sommet des Écrins devant La Meije et le mont Pelvoux notamment. Si la barre des Écrins est d’une beauté grandiose avec le glacier Blanc qui en découle, elle s’est un peu fait voler la vedette par la Meije, parfois préférée des alpinistes pour sa difficulté.

À 4101 mètres d’altitude, la barre des Écrins a longtemps été le point culminant de la France jusqu’à l’annexion de la Savoie en 1860. C’est aujourd’hui le point culminant des Hautes-Alpes et des Alpes du Sud. Avec sa parfaite exposition nord, la barre conserve un beau glacier sur ses flancs et une langue glaciaire qui descend jusqu’à 3000 mètres environ. Ses glaces sont toutefois menacées d’ici à la fin du siècle.

Sa première ascension date de juin 1864, par des Anglais bien entendu ! On la gravit généralement depuis Vallouise et le Pré de Madame Carle. Certains s’arrêtent au sommet du dôme de neige, une course jugée facile, quand d’autres finalisent l’arête rocheuse sommitale pour atteindre les 4101 mètres.

Les aiguilles d’Arves, l’emblème mauriennais

Avec leurs formes originales, les aiguilles d’Arves symbolisent une vallée complète : la Maurienne. Repérables de loin, ces 3 aiguilles, dont une ressemble à une tête de chat, dépassent harmonieusement d’une crête dépassant les 3000 mètres. Avec un sommet à plus de 3500 mètres, elles sont régulièrement saupoudrées de neige, même en plein été.

Le mieux pour admirer ces sommets, c’est l’aller dans la vallée de l’Arvan au-dessus de Saint-Jean-de-Maurienne. On les voit bien depuis Albiez-le-Vieux, La Toussuire, Saint-Jean et Saint-Sorlin d’Arves et depuis le col de la Croix de Fer. On les voit aussi très bien depuis Valloire et le Galibier, sur un profil plus inhabituel. C’est d’ailleurs à Valloire que se trouve le refuge des aiguilles d’Arves, d’où l’on peut en tenter l’ascension. La première ascension de la Méridionale, le plus haut sommet, date de 1878. Les bons randonneurs pourront gravir plutôt facilement le sommet voisin : l’aiguille de l’Épaisseur, à 3230 mètres tout de même, mais sans neige dès le mois d’août. 

La Saulire, point névralgique des 3 Vallées

Sommet de la Saulire et massif du mont Balcn par Jan Schuler - Adobe Stock
Sommet de la Saulire et massif du Mont-Blanc par Jan Schuler – Adobe Stock

Sommet emblématique des 3 Vallées, séparant Méribel et Courchevel, la Saulire n’est pas un haut lieu de l’alpinisme ni de la montagne préservée. Si le sommet est plutôt esthétique côté Courchevel (où on la confond avec la dent de Burgin), les habitués de la montagne se souviennent surtout de cette montagne très aménagée et remodelée, visible de loin. En ski, la Saulire, c’est le sommet de Courchevel, un point de bascule des 3 Vallées, avec pas moins de 6 remontées mécaniques qui y convergent depuis Méribel et Courchevel. C’est aussi le nom d’une piste rouge mythique de Courchevel et un téléphérique qui rouvrira ses portes en décembre 2024. 

La Grande Casse, sommet de la Vanoise

Le lac des Vaches et la Grande Casse par Luc Bianco- Adobe Stock
Le lac des Vaches et la Grande Casse par Luc Bianco- Adobe Stock

À 3855 mètres, la Grande Casse est le point culminant du département de la Savoie et du massif de la Vanoise. On l’atteint par Pralognan-la-Vanoise côté Tarentaise et par Termignon côté Maurienne. Même si le réchauffement climatique le touche de plein fouet, c’est un sommet encore assez grandiose avec deux glaciers qui en descendent côté ouest : le glacier central et le glacier de la Grande Casse. Avec le mont Pourri, c’est un des sommets emblématiques du massif, reconnaissable de loin. Très protégée, la Grande Casse se trouve sur la même arrête que la Grande Motte, point culminant du domaine skiable de Tignes.

La Grande Casse a été gravie pour la première fois en 1860 par un anglais et deux Français. Fréquemment parcouru de nos jours, le sommet compte plusieurs voies d’accès, dont la voie normale, passant par le glacier des grands couloirs. Si la Grande Casse est un beau sommet depuis le col de la Vanoise, c’est une barre esthétique et grandiose du côté de Plan du Lac. 

Le mont Aiguille, le mont inaccessible

Le mont Aiguille : sommet emblématique des Alpes
Le mont Aiguille par François Roux – Adobe Stock

Véritable forteresse minérale dépassant du massif du Vercors, le mont Aiguille est l’un des plus beaux sommets des Alpes françaises. On l’admire principalement depuis le Trièves, ou depuis les crêtes du Vercors. Culminant à 2087 mètres, il semble totalement imprenable. On l’appelait d’ailleurs mont inaccessible au moyen âge. Sa voie nord-ouest est, semble-t-il, une course d’alpinisme rocheux plutôt facile et même assez courue.

La première ascension du mont Aiguille date de juin 1492 par Antoine de Ville, capitaine du roi, accompagné de sept hommes sur ordre de Charles VIII, roi de France. On situe généralement cet acte de domination comme l’acte de naissance de l’alpinisme. Il faudra ensuite attendre 1834 pour que le mont soit gravi à nouveau.

Le mont d’Arbois, la légende Rothschild

Les pistes de Saint-Gervais à proximité du mont d’Arbois – par OT Saint-Gervais

Sommet emblématique de Megève, pourtant situé à Saint-Gervais, le mont d’Arbois est surtout connu pour les quartiers huppés qui ont pris place sur ses flancs sur les hauteurs de Megève. Culminant à 1839 mètres, le mont d’Arbois est un magnifique point de vue panoramique sur le massif du Mont-Blanc, les Fiz et les Aravis. C’est un des points centraux du domaine skiable de Megève et Saint-Gervais avec près de 8 remontées mécaniques qui y convergent.

Par extension, le sommet a donné son nom au parcours de golf de Megève, au quartier situé sur ses flancs et surtout au Domaine du Mont d’Arbois, un complexe hôtelier de luxe créé à partir des années 1920 par la Baronne Noémie de Rothschild. Aujourd’hui encore, la descendance de la Baronne officie encore au domaine, avec plusieurs hôtels de luxe et un restaurant gastronomique. 

Le mont Granier, la montagne qui tombe

Le mont Granier et les vignes des Abymes

Pour les Savoyards et les Chambériens, le Granier marque le paysage, par son impressionnante barre rocheuse, mais aussi par son histoire. En 1248, tout un pan de la falaise se serait écroulé, arrivant jusqu’à la porte de la chapelle de Myans. Ici, la vierge noire aurait arrêté les pierres. Au-delà de la légende, l’éboulement aura été meurtrier avec plus de 1000 victimes. Ce serait le plus gros éboulement connu de l’Europe occidentale. Encore aujourd’hui, la topographie du territoire vallonné des Abymes hérite de cet éboulement. Il a créé un terroir favorable pour certains vins de Savoie et un lac : le lac Saint-André.

Côté randonnée, on accède assez facilement au sommet du Granier, même s’il faudra marcher près de 1000 mètres de dénivelé. On y accède en fait par-derrière, au départ du hameau de la Plagne, sur la commune d’Entremont-le-Vieux. 

La Tournette, le sommet d’Annecy

Annecy-depuis-la-Tournette-par-L.Bouvier-Adobe-Stock.jpg
Annecy depuis la Tournette par L.Bouvier – Adobe Stock

La Tournette, c’est le sommet qui trône au-dessus du lac d’Annecy quand on l’admire depuis la ville ou la rive ouest. C’est le plus haut sommet du massif des Bornes, à 2350 mètres d’altitude. Ici, c’est lui qui annonce l’arrivée de l’hiver, quand les premières neiges commencent à descendre sous les 2000 mètres. Très connue et assez accessible, c’est sans doute aussi une des randonnées les plus parcourues des Alpes.

On accède à la Tournette depuis les hauteurs de Montmin par un beau sentier, long, mais sans difficulté technique. Des échelles permettent d’accéder au caillou sommital. Là-haut, on admire les bouquetins et la vue grandiose sur les Alpes, le massif du Mont-Blanc et le lac d’Annecy bien entendu ! 

La dent de Crolles, le sommet de Grenoble

fin de journée à la dent de crolles par Antoine-Pouillard - Adobe Stock
Fin de journée à la dent de Crolles par Antoine-Pouillard – Adobe Stock

La dent de Crolles est un imposant  sommet de Chartreuse qui domine Grenoble et le Grésivaudan de ses 2062 m. C’est le deuxième plus haut sommet du massif, après Chamechaude. Rando très courue des Grenoblois, l’ascension de la dent de Crolles se fait depuis le col du Coq en une à deux heures de marche. D’en haut, la vue est grandiose sur la chaine de Belledonne, le mont Blanc, les Préalpes et Grenoble.

La cime Caron, point haut des 3 Vallées

La cime Caron, sommet emblématique de Val Thorens et des 3 Vallées.
La cime Caron et sa galerie vitrée cet hiver – par OT Val Thorens

Sommet emblématique de Val Thorens, la Cime Caron est un des rares sommets skiables dépassant les 3000 mètres dans les Alpes. La Cime Caron a été équipée en 1982, à l’époque où les stations faisaient la course à l’altitude et aux installations prestigieuses.

Depuis la Cime Caron, en haut de la Vanoise, on bénéficie d’une belle vue panoramique vers le nord et le sud des Alpes. On voit notamment le massif du Mont-Blanc, Peclet, le Thabor, les aiguilles d’Arves, les Grandes Rousses et les Écrins.

Côté ski, on l’atteint par téléphérique côté Val Thorens et par une télécabine depuis Orelle. Ici, le ski est technique avec 2 pistes rouges et 2 noires qui descendent du sommet. La station vient également d’y ouvrir une galerie vitrée dans l’esprit des pas dans le vide, premier pas d’un réaménagement complet des lieux.

La Grande Motte, du ski 10 mois sur 12

Le glacier de Tignes pendant l'hiver 2024
La Grande Motte, sommet emblématique de Tignes

Sommet du domaine de Tignes, La Grande Motte est un des plus hauts sommets de la Vanoise et le support du glacier qui a permis à Tignes de proposer du ski d’été pendant de longues années. Si le sommet de la montagne se trouve à 3653 mètres, mais le téléphérique arrive, lui, à 3456 mètres. Il date de 1975 et est ouvert en été, en hiver. Quand c’est possible, il permet le ski d’été au printemps et le ski d’automne en novembre. On y trouve maintenant une cabine à toit-terrasse pour observer la vue en été.

Si le glacier est aujourd’hui en souffrance, on peut aller l’observer et comprendre l’évolution glaciaire. L’hiver, la Grande Motte est le point culminant du domaine, avec, là aussi, une vue grandiose sur les sommets de la frontière italienne et 1200 mètres de dénivelé à enchainer pour redescendre sur Tignes.

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