Le Tour de France 2027 prendra son élan plus au nord que jamais. Du 2 au 25 juillet, cette 114e édition s’élancera d’Édimbourg, en Écosse, pour trois étapes en Grande-Bretagne avant de traverser la Manche. Après une semaine de plaines et de bosses dans l’Ouest, le Jura et les Alpes offriront trois jours de montagne pour créer les premiers écarts avec des arrivées au Grand Colombier, à Sallanches et aux Saisies. Le peloton filera ensuite vers le sud avec une étape piégeuse en Lozère (massif Central), avant un final explosif dans les Pyrénées, où le Tourmalet et le col du Portet seront réunis pour la première fois dans la même étape. Au total : 3 479 km, 53 450 mètres de dénivelé positif et une arrivée sur les Champs-Élysées le 25 juillet.

Un grand départ d’Écosse et une semaine dans l’Ouest
C’est le 28e Grand Départ à l’étranger et le troisième en Grande-Bretagne, après Londres en 2007 et le Yorkshire en 2014. La première étape reliera Édimbourg à Carlisle (185 km) et pourrait offrir le Maillot jaune à un sprinteur. Les deux suivantes, entre Keswick et Liverpool puis entre Welshpool et Cardiff, dépassent chacune les 220 km et proposent un terrain plus accidenté, avec 3 000 mètres de dénivelé pour l’étape galloise.
Après une première journée de repos pour traverser la Manche, le Tour retrouvera la France par le Cotentin, avec une boucle autour de Cherbourg et le Cotentin, avec des pentes à deux chiffres. Le peloton descendra ensuite vers la Bretagne avec une double ascension de la côte de Cadoudal à Plumelec, terrain idéal pour les puncheurs, puis rejoindra Angers. Le premier contre-la-montre individuel, 38 km entre Blois et Chambord, précédera l’étape la plus longue du Tour : 224 km entre Bourges et Le Creusot, avec 3 100 mètres de dénivelé et le Signal d’Uchon dans le Morvan en fin de parcours.
Jura : le Grand Colombier pour une première explication
La première étape de montagne attend les coureurs le dimanche 11 juillet, dans le département de l’Ain. Au départ du Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes, le parcours de 162 km s’animera dans le Bugey avec le col du Berthiand, la côte des Neyrolles et le col de Richemond, avant l’ascension finale du Grand Colombier (1 501 m) par Culoz, « le versant le plus esthétique », selon Christian Prudhomme, directeur de la course. Avec 3 750 mètres de dénivelé positif, les favoris devraient se dévoiler sur ces pentes où Tadej Pogacar s’était imposé en 2020, lors de la première arrivée au sommet.

Alpes : les coureurs sur les routes des mondiaux de cyclisme
Après une journée de repos en Haute-Savoie, le lundi 12 juillet, place aux Alpes avec deux étapes qui comptent à elles seules dix des 28 cols et côtes classés de ce Tour. Pas de très hauts sommets cette année, mais des pourcentages élevés et un enchaînement de difficultés propice aux attaques.
La 10e étape, entre Annecy et Sallanches (171 km, 3 750 m de dénivelé), aura des airs de répétition générale avant les championnats du monde de cyclisme organisés fin août en Haute-Savoie en 2027. Après le col du Plan du Salève (par Cruseilles) et la montée de Brison (5 km à 10 %), les coureurs franchiront une première fois la ligne d’arrivée avant un final très exigeant au pied du Mont-Blanc. Ils grimperont d’abord la côte de Domancy (2,5 km à 9,4 %), puis enchaîneront aussitôt avec la montée du Bettex (5,5 km à 8 %), au-dessus de Saint-Gervais Mont-Blanc. La station retrouve ainsi le Tour quatre ans après l’arrivée de la 15e étape au Bettex en 2023, et après l’arrivée de 1992 et le passage de 2016. Viendront ensuite la côte du plateau d’Assy et un second passage sur la côte de Domancy, dernier tremplin de l’étape. C’est sur cette côte que Bernard Hinault avait écrasé ses rivaux pour décrocher le maillot arc-en-ciel en 1980, et c’est elle que les hommes gravissent à vingt reprises lors de la course en ligne des Mondiaux, quelques semaines plus tard.

Le lendemain, le 14 juillet, la 11e étape entre Cluses et Les Saisies (150 km) sera la plus difficile des Alpes, avec 4 750 mètres de dénivelé positif. Au programme : le col de la Colombière (15,9 km à 7 %), le col de la Croix Fry, la Forclaz de Queige, puis l’enchaînement du col du Pré (12,6 km à 7,8 %) et de la montée de Bisanne (12,4 km à 8,3 %). « Soit 25 kilomètres autour de 8 % dans les 50 derniers kilomètres de l’étape. La descente avant la montée finale est technique, ce qui peut favoriser de grandes manœuvres avant l’arrivée dans la station des Saisies, quatre kilomètres après le dernier sommet », détaille Christian Prudhomme.

Un passage par les Cévennes : le piège de Mende
Après les Alpes, le Tour prendra la direction du sud avec deux étapes de plat, de Chambéry à Valence puis d’Aubenas à Montpellier, où le vent de la vallée du Rhône pourrait piéger le peloton. Le samedi 17 juillet, la 14e étape entre Montpellier et Mende (199 km) ne figure pas parmi les étapes de haute montagne, mais elle cumule 4 300 mètres de dénivelé. Les coureurs grimperont le col du Vent, découvriront le cirque de Navacelles, enjamberont le col de la Lusette (1 351 m) au pied du mont Aigoual, puis la côte de l’Estrade, une ascension inédite de près de six kilomètres à plus de 8 %. Le final se jouera sur la côte de la Croix-Neuve, la montée Laurent-Jalabert (3 km à 10,1 %), au-dessus de Mende. « Une étape absolument redoutable », prévient Christian Prudhomme.
Le lendemain, l’étape accidentée entre Rodez et Albi, avec huit côtes répertoriées, précédera la troisième journée de repos à Toulouse et un second contre-la-montre individuel de 33 km autour de la ville rose, avec la côte de Pech-David et ses passages à 20 %. Avec 71 km au total, ce Tour compte le plus de kilomètres contre la montre depuis 2012.
Pyrénées : Tourmalet et col du Portet réunis pour la première fois
Après une étape de transition entre Muret et Pau, les Pyrénées devraient faire office de juge de paix. La 18e étape, entre Pau et Saint-Lary-Soulan col du Portet (174 km), est l’étape reine de cette édition avec 5 400 mètres de dénivelé positif. Les coureurs enchaîneront le col du Soulor (11,8 km à 7,3 %), le col du Tourmalet par Luz-Saint-Sauveur (19 km à 7,4 %), la Hourquette d’Ancizan et enfin le col du Portet, toit du Tour 2027 à 2 215 mètres d’altitude. « À trois jours de l’arrivée à Paris, l’étape reine de cette édition appelle des offensives de haute voltige », annonce Christian Prudhomme.

Dernière bataille de grimpeurs le lendemain, entre Hasparren et Laruns (160 km, 4 300 m de dénivelé). Le passage par le Pays basque permettra de retrouver les cols de Burdincurutcheta (8,7 km à 9,3 % avec des passages à 15 %) et de Bagargui, avant le col de Soudet (15,1 km à 7,2 %) et le col de Marie-Blanque (7,7 km à 8,6 %), puis la plongée vers Laruns. Les deux étapes pyrénéennes offrent un condensé de haute montagne pour renverser la course en dernière semaine.
Suivront deux dernières étapes qui ne devraient pas bouleverser le classement général : une étape de plat entre Maubourguet et Libourne, puis, le dimanche 25 juillet, 116 km entre Saint-Quentin-en-Yvelines et les Champs-Élysées, avec trois ascensions de la rue Lepic et de la butte Montmartre.
Parcours du Tour 2027 : la vidéo complète
L’Étape du Tour entre Cluses et Les Saisies
Les amateurs pourront eux aussi se mesurer à l’étape alpine la plus difficile de ce Tour lors de l’Étape du Tour, organisée le 11 juillet 2027 entre Cluses et Les Saisies, trois jours avant le passage des professionnels. Sur routes fermées, les participants affronteront le même parcours que la 11e étape : 150 km et 4 750 mètres de dénivelé positif par la Colombière, la Croix Fry, la Forclaz de Queige, le col du Pré et la montée de Bisanne. L’an passé, plus de 16 000 cyclistes avaient pris part à ce qui reste la plus grande cyclosportive du monde.
Le Tour de France Femmes 2027 : de Leeds au puy de Dôme
Le Tour de France Femmes 2027 se déroulera du 30 juillet au 7 août sur un parcours de 1 156 kilomètres en neuf étapes, avec plus de 17 600 mètres de dénivelé positif. Le Grand Départ sera donné à Leeds, et le peloton disputera trois étapes en Angleterre, dont le premier contre-la-montre par équipes de l’histoire de l’épreuve, à Londres. Après la traversée de la Manche, la course rejoindra le Massif central, sans passer cette année par les Alpes ni les Pyrénées : arrivée à La Loge des Gardes, étape entre La Bourboule et Clermont-Ferrand, puis un final explosif au sommet du puy de Dôme (170 km, 3 840 m de dénivelé). Les amatrices pourront participer à l’Étape du Tour Femmes le 8 août : 138 km et 2 460 mètres de dénivelé sur routes fermées, du Panoramique des Dômes au circuit de Charade.

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