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Route du col du Galibier

Cyclisme : moments d’exception sur le Galibier

Il est un mythe et entre chaque jour qui passe un peu plus dans la légende du sport. Le Galibier sera une fois de plus mis à l’honneur du prochain Tour de France puisqu’il sera escamoté à deux reprises, par ses deux versants. Historiquement, il fait peur, il fait craindre la moindre fringale ou défaillance, que l’on soit un habitué des cols alpins, le meilleur grimpeur cycliste de la terre ou pire, un cycliste amateur lambda. Gravir le Galibier et ses 2642 mètres d’altitude de haut est une vraie aventure que même les professionnels ne prennent jamais à la légère. Dans sa vertigineuse montée, au tirant de ses pentes les plus ardues ou au-delà des 2000 mètres lorsque l’oxygène rapproche un peu plus de l’apoplexie ou du moins, de la lucidité, le Galibier est un pan d’histoire, jonché entre Savoie et Hautes-Alpes.

À quelques mois d’un nouveau passage des meilleurs coureurs cyclistes de la planète sur ses pentes, retour sur des moments d’exception connus et offerts par l’immense col du Galibier dans l’histoire du Tour de France. Le premier passage date, pour sa part, de juillet 1911.

Légende : Les maillots jaunes n’ont toujours pas été à la fête sur le GalibierPhoto par Unsplash, CC0

1972, Merckx jamais rassasié

Vous le savez sans doute mais les coureurs ayant marqué l’histoire du Galibier sont généralement d’immenses noms de la Petite Reine. À une époque où les doubles étapes étaient encore courantes, la première partie de la 14ème étape ressemblait à un sprint terrifiant entre Briançon et Valloire, la station située en amont du Galibier.

Au cœur d’une véritable course de côte à la moyenne encore aujourd’hui ahurissante (33,248 km/h avec Lautaret et Galibier), Zoetemelk prenait les devants sur les autres grands favoris du Tour d’alors. Parti seul en direction de Valloire, il voyait le retour du cannibale – qui d’autre – dans les derniers hectomètres. Eddy Merckx, au terme d’une descente vertigineuse et sans aucun doute dangereuse au possible, s’imposait d’un souffle.


1998, place au pirate

De longues années après le cannibale, il était au tour d’un pirate d’éclabousser ce col à la grandeur évidente de son talent. Dans une étape dantesque autant pour ses conditions pluvieuses que par son tracé empruntant des cols légendaires, Pantani changeait à jamais le cours d’un Tour qu’il allait remporter quelques jours plus tard. Le regretté, que l’on pouvait allègrement considérer comme l’un des sportifs les plus excentriques de sa génération, avait pourtant chuté dans La Croix-de-Fer.

Sans accroc majeur et parfaitement remis, c’est à moins de 6 kilomètres du sommet du Galibier, monté par son côté le plus difficile, le Savoyard, que le fétiche italien allait faire basculer le Tour, son histoire personnelle, ainsi que celle de son sport.

Vainqueur de nombreux kilomètres plus loin au sommet de la montée des Deux Alpes, il distançait son principal concurrent Ulrich à presque neuf minutes. Engluée en pleine époque d’une sombre période pour le cyclisme, cette étape aura tout de même marqué l’histoire de ce sport et intrinsèquement, celle du Galibier, lieu d’une attaque foudroyante restée dans les mémoires.

Légende : Galibier, terre d’exploits et de désillusionsPhoto par Pixabay, CC0

2011, légende ultime

Ce qu’a fait Andy Schleck lors de la 18ème étape du Tour de France en 2011 relève de toutes les gloires du passé. Il y avait très certainement du Merckx en lui lorsqu’à 62 kilomètres de l’arrivée, il attaquait seul du groupe des favoris, alors collé dans ce qui était le deuxième des trois cols hors catégorie prévus ce jour-ci (Agnel, Izoard, Galibier). S’en est suivie une mise en place tactique aux petits oignons de la Leopard-Trek, l’équipe du grimpeur luxembourgeois.

Très peu à l’aise sur les parties roulantes (le contre-la-montre de Grenoble deux jours plus tard lui fera d’ailleurs perdre son maillot jaune), le cadet des frères Schleck profitait du travail ahurissant de son coéquipier Maxime Monfort, lui permettant de compter ses coups de pédales dans la vallée de Briançon.

Une fois les premiers mètres du Galibier franchis, il n’était plus que seul, intenable et impensable à suivre dans son coup de pédale si fin, si aérien. Andy Schleck s’imposait en solitaire et créait à lui seul, l’un des plus grands instants du Tour de France moderne.

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