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Que paye-t-on quand on paye un forfait de ski ?

Les forfaits de ski sont chers. En hausse de 2,8%, ils coûtaient 30,80 € la journée en moyenne en 2019. Mais pourquoi sont-ils si chers ? Pourquoi, selon la profession, le forfait français est-il le moins cher du monde ? Que paye-t-on lorsqu’on paye un forfait de ski ? Nous nous sommes posé ces questions et avons trouvé quelques réponses.

Redevance VS titre de transport

Depuis 1985 et la loi montagne, les domaines skiables (en ski alpin ou en ski nordique) sont des services publics. Ils dépendent des communes, chacune en étant l’autorité organisatrice. A ce titre, il n’existe pas de station de ski privée en France. Le ski se pratique d’ailleurs sur une multitude de terrains privés, qui perçoivent parfois une indemnité, mais pas systématiquement.

Le maire et le conseil municipal sont donc en charge d’encadrer la pratique du ski sur leur commune. Ils valident les tarifs des forfaits, les nouvelles installations, les pistes et assurent la sécurité sur ces dernières. Très souvent, l’organisation du domaine skiable est confiée à une entreprise via une délégation de service public. Le délégataire peut être une société d’économie mixte (public/privé), une société privée, ou une régie municipale. En 2012, 33% des gestionnaires étaient publics, 19% para-publics et 38% privés selon une étude de l’IRSTEA. Le premier exploitant de domaine skiable français, en chiffre d’affaire, est la Compagnie des Alpes. Cette société privée, cotée en bourse, gère les plus grandes stations françaises et des parcs d’attraction comme le Futuroscope, le Parc Astérix et le Musée Grévin.

Sur un domaine skiable alpin, on paye un titre de transport. C’est donc la montée qui est payante. L’accès aux pistes est gratuit, même si l’accès est réglementé par arrêté municipal. Il est souvent interdit, pour des raisons de sécurité de remonter les pistes en raquettes ou en skis de randonnée.

En ski nordique, comme il n’y a pas d’infrastructures de transport, les communes ont le droit de faire payer une redevance d’accès aux pistes. C’est donc un impôt qui est payé lorsque vous achetez un forfait de ski de fond.

Que finance le forfait de ski alpin ?

Lorsque vous achetez un forfait de ski, vous ne payez pas simplement l’accès aux pistes entretenues et sécurisées et un titre de transport. Vous payez également des salaires, des investissements et des taxes.

Des salaires à 30%

Le personnel est le premier poste de dépense des gestionnaires de domaines skiables. 30% de votre forfait est dédié aux salaires des saisonniers et salariés permanents. De nombreux employés travaillent sur les domaines skiables : conducteurs de télésièges, pisteurs, patrouilleurs, employés des caisses… A la S3V, qui exploite le domaine skiable de Courchevel et une partie de celui de Méribel, 480 saisonniers et 130 permanents font fonctionner le domaine skiable. En France, 58% des employés des domaines skiables travaillent aux remontées mécaniques, 25% travaillent au service des pistes et 17% à l’administratif.

Des taxes à 21,1%

21,1% du prix de votre forfait finance des taxes et contributions. En plus de la TVA, les domaines skiables reversent une redevance aux communes, fixée dans le cadre de la délégation de service publique.

Des investissements à 18,7% et de l’entretien à 6,7%

18,7% de votre forfait de ski permet aux domaines skiables d’investir et d’acheter du matériel nécessaire à l’exploitation du domaine skiable et à votre sécurité. Il faut savoir qu’une dameuse neuve coûte entre 200 000 € et 380 000 € et qu’un télésiège peut coûter 6 à 15 millions d’euros.

6,7% du prix de votre forfait est également dédié à l’entretien du matériel et des remontées mécaniques.

Des charges à 16%

16% de votre forfait de ski finance des charges : électricité, carburants, charges administratives… Si le transport par câble est électrique, les dameuses fonctionnent au gazole, un gazole non routier peu taxé grâce à une niche fiscale obtenue par la profession et les parlementaires de montagne.

Du résultat financier à 7,5%

Les exploitants privés et semi-privés ont un actionnariat. Ces sociétés privées font du bénéfice qu’elles redistribuent les bonnes années. 7,5% du prix du forfait de ski des exploitants privés ou semi-privés est donc un résultat financier (moyenne de 2008 à 2012). Parmi les actionnaires des SEM qui touchent des dividendes, on trouve les communes support, les départements et les banques locales. Un seul exploitant est côté en bourse : la compagnie des Alpes.

Forfait de ski français : le moins cher du monde ?

Selon une étude Suisse de 2011, souvent citée par la profession, le forfait de ski français serait le moins cher du monde. Ces résultats statistiques ont été obtenus sur la base de 214 stations de ski Françaises, Suisses et Autrichiennes en appliquant des pondérations selon des critères de puissance et de taille de domaines. Voici les conclusions de l’étude traduites de l’Anglais :

Sur la base d’un jeu de données représentatif couvrant 214 stations de ski en 2010/2011, cette étude montre empiriquement que les billets de remontées mécaniques mesurés à la fois pour en jour et pour six jours (hors TVA) sont nettement inférieurs en France par rapport à l’Autriche et la Suisse. Les différences de prix sont de 17% entre la Suisse et la France et de 10% entre les prix Français et Autrichiens après pondération par la taille et de la capacité de transport, l’élévation cumulée, la part des remontées rapides, les installations d’enneigement artificiel, l’âge de la station […]… Le différentiel de prix est moins prononcé sur les forfaits six jours avec un écart de prix de 14% en moyenne entre la France et la Suisse et de 9% entre la France et l’Autriche. Comme cette étude utilise des données sur trois pays alpins, ces résultats ne doivent pas être trop généralisé. Dans les travaux futurs, l’échantillon devrait être étendu à d’autres pays – notamment l’Italie, mais aussi la Bulgarie, la République tchèque, l’Allemagne, les Pays scandinaves, Slovaquie, Espagne et autres pays d’outre-atlantique.

En 2010, selon cette étude, le forfait de ski journée français coûtait 34,5 € en moyenne, 37 € en moyenne en Autriche et 39 € en Suisse. Sans TVA, les tarifs français et autrichiens étaient plus proches : 33,3 € en Autriche et 32,6 € en France.

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