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Glaciers : où constater le réchauffement climatique dans les Alpes ?

Les Alpes ont l’avantage (et le désavantage) d’être sans doute le territoire où le réchauffement climatique se voit le plus. Fonte des neiges plus forte au printemps, évènements météorologiques parfois plus intenses et surtout fonte accélérée des glaciers font qu’ici, le réchauffement peut se constater. Et nul n’est besoin d’écouter les « anciens » qui vous parlent des mètres de neige de leur enfance, car à 10 ans d’intervalle, cette fonte se voit. Et si les glaciers refluent depuis avant l’aire industrielle, les scientifiques sont aujourd’hui unanimes pour accorder le reflux actuel aux 2 degrés de réchauffement déjà constatés dans les Alpes. Ici, ce reflux se constate partout. De nombreux glaciers ont déjà disparu, mais c’est sur les glaciers actuels qu’on le remarque le plus, en comparant des photos ou en écoutant des témoignages. Voici 6 lieux où constater le changement climatique dans les Alpes.

Chamonix et la mer de Glace

La mer de glace, témoin du réchauffement climatique à Chamonix
La Mer de Glace depuis le Montenvers en automne. La fonte de la glace, liée au réchauffement climatique a amputé de plus de 100 mètres de glace le glacier à ce niveau. Preuve de ce retrait : l’épaisseur de la Moraine, encore vierge de nouvelle végétation.

La mer de Glace est le glacier le plus connu du territoire métropolitain. Son flot de séracs descend du glacier du Géant et des Grandes Joraces en une langue glaciaire qui atteignait presque la vallée de Chamonix au XIXe siècle. Aujourd’hui, le glacier a perdu en masse et son front est remonté en altitude. Beaucoup moins impressionnant qu’au temps où on l’avait nommé « Mer de Glace », ça reste un beau glacier, vivant et qui témoigne de la dynamique glaciaire. On l’atteint depuis Chamonix, par le train à crémaillère du Montenvers. Là-haut, un glaciologue est présent tout l’été pour témoigner du fonctionnement des glaciers. Un espace muséal est aussi disponible. Une grotte de glace, creusée dans le glacier, vous permet d’explorer les glaces bleues et denses de la mer de Glace et en comprendre la dynamique.

Comment fonctionne un glacier ?
Un glacier est une structure morphologique formée de différentes zones : une zone d’accumulation et une zone d’écoulement. C’est la zone d’accumulation qui crée la masse glaciaire par une lente accumulation de neige devenant glace progressivement. Le poids de la glace la fait descendre des pans de montagne, creusant ainsi une vallée et déposant sur ses flancs la moraine (des roches arrachées lors du déplacement du glacier). Selon les ruptures de pente, le glacier se fissure ou chute. Les blocs de glace créés se nomment des « séracs ». C’est du fait d’un flot impressionnant de séracs que la Mer de Glace avait été nommée ainsi, tel une mer en pleine tempête. Un glacier peut perdre ou prendre de la masse avec une ou deux des variables qui le font vivre : la température (plus il fait chaud, moins il conserve la neige et la glace) et les précipitations (s’il tombait 20 mètres de neige chaque hiver, les glaciers des Alpes reprendraient de la vigueur). Dans les Alpes, tous les glaciers refluent. Ceux exposés au nord (mieux protégés de la fonte) s’en sortent mieux que ceux exposés au sud. Pour autant, dans le monde, malgré le réchauffement climatique, quelques glaciers gagnent en masse, leur bilan devenant positif à la faveur de précipitations plus abondantes.

La Jonction et le glacier des Bossons

A la jonction, les glaciers ont gardé leur majesté, malgré le réchauffement climatique.

Un peu en aval de Chamonix, le glacier des Bossons est un glacier impressionnant qui dévale directement des neiges éternelles du mont Blanc. Depuis la vallée, le comparer aux photos d’archives, les vôtres ou celles de vos parents, vous fera prendre conscience du recul du glacier. Pour l’approcher et admirer ce glacier (qui sera encore présent ici pendant plus d’un siècle), l’idéal est de monter à « la Jonction », point de séparation entre les glaciers des Bossons et de Taconnaz. Ici, vous admirerez un glacier bien vivant et des séracs encore impressionnants. Toutefois, les nombreuses zones rocheuses non glacées et pas encore colonisées par la végétation témoignent du réchauffement récent et du retrait des glaciers.

Le nid d’Aigle à Saint-Gervais

Les beaux séracs du glacier de Bionnassay

Un second train à crémaillère escalade les flancs du massif du Mont Blanc pour atteindre les glaciers. Celui-ci, le tramway du Mont Blanc, part de Saint-Gervais et se rend au « nid d’Aigle », à 2 372 mètres d’altitude. Là-haut, le panorama est grandiose sur les glaciers, même s’ils sont encore un peu loin. On remarque bien les chutes de séracs du glacier de Bionnassay. Il est possible de les approcher, mais on entre vite sur le territoire de l’alpinisme. Il est aussi possible de monter de Saint Gervais au Nid d’Aigle à pied et de redescendre en train.

Tignes et le glacier de la Grande Motte

À Tignes, le glacier de la Grande Motte est exploité pour le ski depuis les années 70. Aujourd’hui, on y accède avec un funiculaire, puis un téléphérique à toit-terrasse qui permet d’admirer le glacier en été. Si le glacier de la Grande Motte a permis pendant un temps de développer le ski chaque saison, il est aujourd’hui très surveillé et en forte perte de masse. En 10 ans, son volume a ainsi énormément diminué. Là-haut, des parcours pédagogiques, passerelles et audioguides permettent de mieux appréhender l’évolution des glaciers et en particulier de celui de la Grande Motte, témoin du changement climatique. Ci-dessous, on voit l’évolution du glacier de Tignes en 10 ans, entre 2011 et 2021.

Le Pré de Madame Carle dans les Écrins

Le glacier Blanc et la barre des Ecrins par Fred Inklaar, licence CC
Le glacier Blanc et la barre des Ecrins par Fred Inklaar, licence CC

Dans les Écrins, au sud des Alpes, les glaciers fondent à toute vitesse. Entre sécheresse hivernale et chaleur estivale, ils sont mis à rude épreuve ! Au Pré de Madame Carle, à Pelvoux, on était autrefois presque en vue des fronts du glacier Blanc et du glacier Noir. Aujourd’hui, même si l’univers glaciaire est encore bien présent, il vous faudra une belle marche d’approche pour apercevoir le glacier blanc, surmonté de la splendide barre des Écrins.

La Grave et le glacier du Mont de Lans

Les Ecrins depuis le plateau d'Emparis
La Meije, le Râteau et le glacier de la Girose depuis le lac noir d’Emparis, par Steynard, licence CC

À la Grave, entre Briançon et le Bourg d’Oisans, les vacanciers peuvent marcher sur le glacier de la Girose, entre 3 600 et 2 800 mètres d’altitude. Avec le glacier du Mont de Lans (où l’on skie aux 2 Alpes), ce dernier constitue la plus grande calotte glaciaire de France, avec plus de 6 km de surface glacée. Ici aussi une grotte creusée à la main permet d’entrer dans les entrailles du glacier. Des sorties sur le glacier, sans grande difficulté, sont proposées par des guides locaux.

Et aussi…

Glacier d'Aletsch : bien que peu épargné par le réchauffement climatique, il reste le plus grand et plus beau glacier des Alpes.
Le glacier d’Aletsch, plus grand glacier d’Europe, est situé à 2h de route de Chamonix ou d’Évian-les-Bains. Photo par John Fowler, licence CC

On trouve aussi des glaciers ailleurs dans les Alpes : en Vanoise, au pic de l’Étendard ou encore en Haute Tarentaise et en Haute Maurienne. Ceux cités ci-dessus sont les plus caractéristiques et les plus accessibles en France. En Suisse, le glacier d’Aletsch est sans doute le plus beau et la plus connue des langues glaciaires alpines.

Illustration en couverture d’article : glacier de la Girose par Giåm, licence CC

3 réflexions sur “Glaciers : où constater le réchauffement climatique dans les Alpes ?”

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