Rien ne remplace l’émotion d’une rencontre sauvage au détour d’un sentier. Qu’il s’agisse d’observer les marmottes peu farouches sous le sommet de la pointe de la Tournette, de croiser le regard placide d’un bouquetin perché sur les crêtes du Grand Perron des Encombres, ou de surprendre les discrets mouflons sur les pentes de l’Arcalod, dans le massif des Bauges, la montagne réserve des instants magiques. Ce sont ces face-à-face furtifs, loin de l’agitation, qui transforment une simple randonnée en un souvenir impérissable. Découvrez ici les 8 animaux emblématiques des Alpes et quelques conseils pour les observer.
Nos conseils pour bien observer la faune alpine
Pour mettre toutes les chances de votre côté et vivre ces moments privilégiés, l’improvisation ne suffit pas toujours. Voici comment faire :
- Votre comportement : soyez discret. Parlez à voix basse, évitez les gestes brusques, choisissez des vêtements aux couleurs neutres et restez toujours sur les chemins balisés.
- L’heure idéale : privilégiez l’aube ou la tombée de la nuit pour les animaux farouches. Les animaux sont beaucoup plus actifs et sortent se nourrir quand les sentiers sont encore déserts. En pleine journée, sous la chaleur, ils se cachent à l’ombre. Toutefois, ce n’est pas le cas du Bouquetin et des marmottes, qui eux sortent en journée et sont peu farouches.
- L’équipement : une bonne paire de jumelles est généralement indispensable. N’essayez pas de vous approcher à tout prix : gardez vos distances pour ne pas les stresser ou provoquer leur fuite.
La marmotte, la siffleuse des alpages

C’est souvent le premier mammifère que l’on croise en randonnée. Vous l’entendrez d’ailleurs siffler bien avant de la voir : c’est son signal d’alerte destiné à toute la colonie. Avec son allure pataude et sa fourrure épaisse, elle passe ses journées estivales à se gaver d’herbes grasses pour préparer sa longue hibernation. Impossible de la louper quand on est en montagne !
Où la chercher ? Dans les pentes herbeuses bien ensoleillées, tendez l’oreille et cherchez les tas de terre, à la sortie des terriers. Asseyez-vous un instant et patientez, une tête finira par sortir d’un terrier. Les secteurs de la Haute Maurienne Vanoise (Val Cenis, Aussois, Bessans) ou les prairies d’altitude du parc National des Écrins sont d’excellents spots.
Le bouquetin, maître des parois rocheuses

Véritable équilibriste de la rocaille, le bouquetin défie la gravité avec une facilité déconcertante. Les mâles se distinguent par leurs impressionnantes cornes annelées qui peuvent dépasser le mètres, alors que les femelles ont de petites cornes. Contrairement au chamois, il est d’un naturel assez placide et se laisse observer sans trop s’enfuir, pour peu que l’on reste calme.
Où le chercher ? L’été, on le trouve en altitude (souvent au-delà de 2 000 mètres), souvent couché en journée ou en train de paitre. Les secteurs du Grand Perron des Encombres, d’Aussois, du Grand Galibier et des Aravis abritent des populations magnifiques. L’hiver, ils descendent en vallée, où l’on peut les observer parfois en bords de routes.
Le chamois, agile et discret

Plus fin et beaucoup plus nerveux que le bouquetin, le chamois est taillé pour la course en pente raide. Il est aussi beaucoup plus discret. Ses petites cornes noires en forme de crochet le rendent reconnaissable. Très méfiant, il possède une ouïe et un odorat excellents. Au moindre danger, il détale à une vitesse impressionnante. Le plus simple reste de la voir en contrebas d’un sommet ou au détour d’un sentier par hasard. L’hiver, il occupe souvent les bandes d’herbes dégagée par le soleil ou une avalanche.
Où l’observer : visez les lisières de forêts, les pentes raides et les éboulis, de préférence très tôt le matin ou au coucher du soleil. Le parc National des Écrins abrite une importante population. Le parc des Bauges est aussi une réserve de reproduction des Chamois. Toutefois, on en retrouve dans toutes les Alpes, car bien que discret, le Chamois n’est pas rare.
Le gypaète barbu, le casseur d’os

Avec près de 3 mètres d’envergure, le vol de ce rapace est un spectacle qui fige n’importe quel marcheur. On le reconnaît à son ventre orangé (teinté par la boue ferrugineuse dans laquelle il se baigne) et à cette petite « barbe » de plumes noires sous le bec. Ce charognard des cimes se nourrit principalement d’os.
Où l’observer : Le parc National du Mercantour et le parc National de la Vanoise sont des lieux où les programmes de réintroduction ont porté leurs fruits. Il fréquente les hautes falaises et les vastes étendues sauvages. Mais comme il parcoure de grandes étendues, on peut le voir un peu partout dans les Alpes.
L’aigle royal, seigneur des cieux alpins

C’est le prédateur suprême du ciel alpin. À la différence du gypaète, l’aigle royal affiche un profil plus ramassé en vol, avec un plumage très sombre, seulement éclairci de teintes dorées sur la nuque. Redoutable chasseur, il fond à une vitesse vertigineuse sur les proies imprudentes.
Où l’observer : il patrouille souvent au-dessus de vastes territoires dégagés, scrutant les alpages depuis les hauteurs. Les parcs nationaux comme ceux de la Vanoise, des Écrins ou du Mercantour sont des territoires de chasse privilégiés pour l’aigle royal. Sur les pistes de ski, il n’est pas rare d’en croiser également, souvent dans l’indifférence générale.
Le loup gris, le retour d’un prédateur discret
Revenu naturellement dans les Alpes françaises depuis l’Italie, le loup gris reste un animal très discret et difficile à observer en milieu naturel. Sa présence témoigne de la richesse écologique des massifs. S’il est protégé, il est régulièrement chassé, légalement ou non, sa réputation et ses attaques de troupeaux ne l’aidant pas. Sa population est en hausse dans toute la France.
Où l’observer : l’observation directe est rare et fortuite. Pour découvrir le loup et son environnement, le Parc Alpha, situé à Saint-Martin-Vésubie dans le Mercantour, propose des affûts spécialement conçus pour observer des meutes en semi-liberté dans un cadre naturel. On pourra toutefois s’amuser à chercher des traces dans la nature.
Les vautours, géants nettoyeurs des montagnes

Plusieurs espèces de vautours planent dans le ciel des Alpes, jouant un rôle écologique crucial d’éboueurs naturels, tout comme le Gypaete. Le vautour fauve, avec sa collerette blanche, est le plus commun. La Drôme Provençale reste son secteur de prédilection.
Où l’observer : le Cirque d’Archiane et le Rocher du Caire dans la Drôme provençale sont des sites réputés pour l’observation des vautours fauves et moine. Les Baronnies provençales et certains secteurs des Préalpes sont également propices.
Le lagopède alpin, maître du camouflage
Le lagopède alpin est un oiseau étonnant, parfaitement adapté aux conditions extrêmes des hauts sommets alpins. Souvent discret, il est réputé pour sa capacité à changer de plumage au fil des saisons pour se fondre dans son environnement. En hiver, son plumage passe au blanc immaculé, pour se confondre avec la neige. L’été, il est brun gris tacheté, imitant parfaitement les rochers et la végétation alpine.
Où l’observer : le lagopède alpin se rencontre dans les étages alpins et subalpins, généralement au-dessus de 2000 mètres d’altitude, dans les zones de pelouses rases, d’éboulis et de crêtes rocheuses. Les parcs Nationaux de la Vanoise et des Écrins, ainsi que les hautes vallées du Mercantour, sont des secteurs où l’on peut espérer l’apercevoir. Il demande une observation attentive et silencieuse, car il se tapit souvent au sol pour échapper aux regards.
On retrouvera aussi plus ou moins abondamment dans les Alpes des Lynx, blaireaux, mouflons, renards, vipères, cerfs, chevreuils, tétras-lyre, hermines et de nombreux oiseaux et animaux qui trouvent ici un refuge.
FAQ : Vos questions fréquentes sur les animaux des Alpes
Elles sont présentes dans presque tous les massifs ! Les parcs nationaux (Vanoise, Écrins, Mercantour) regorgent de terriers. Si l’on ne devait retenir qu’un seul secteur très accessible, les alpages autour du col du Galibier constituent une valeur sûre pour les observer facilement en famille.
Il faut accepter de transpirer un peu. Les bouquetins aiment les barres rocheuses et les secteurs escarpés. Les abords des glaciers, les pentes du Grand Galibier ou les crêtes rocheuses du Grand Perron des Encombres font partie des meilleurs spots. Levez-vous à l’aube et marchez dans le silence.
Oui, le loup a fait son retour dans tout l’arc alpin. Cependant, sa nature extrêmement craintive et discrète fait qu’il est presque impossible de le croiser par hasard en randonnée. Vous aurez plus de chances d’observer ses empreintes ou ses crottes sur un chemin forestier que l’animal lui-même.

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