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Les domaines skiables visent la neutralité carbone en 2037

A l’occasion du congrès 2020 des Domaines Skiables de France, les 1 et 2 octobre à Grenoble, le syndicat professionnel des remontées mécaniques a annoncé sa feuille de route pour rendre leur pratique plus green. En ligne de mire : la neutralité carbone de la profession en 2037. Toutefois, ces leviers ne concernent que 2% du bilan carbone des stations.

16 engagements pour la nature

Dès 2021, Domaines Skiables de France s’engage à mettre en œuvre 16 engagements dont celui d’atteindre la neutralité carbone en 2037. Mais ce n’est pas seulement au réchauffement climatique que les domaines skiables veulent s’attaquer. Ils visent surtout une réconciliation avec la nature et ses passionnés. Ainsi, 5 grandes thématiques regroupent les 16 engagements :

Selon une étude datant de 2010, à elles seules, les dameuses représentent 58% du bilan carbone des domaines skiables, soit 1,2% du bilan global des stations de ski. Et c’est en premier lieu ces dernières que Domaines Skiables de France entend rendre plus vertueuses, “puisque les remontées mécaniques sont électriques, donc décarbonées” selon cette organisation. D’ici 3 à 5 ans, de nouvelles dameuses fonctionnant à l’hydrogène liquide devraient émerger. Si les territoires de montagne arrivent à produire de l’hydrogène vert (produit avec de l’énergie renouvelable donc), les dameuses pourraient donc devenir neutres en carbone. D’ici là, les domaines skiables s’engagent à former les dameurs à l’écoconduite afin de réduire de 5% à 10% leurs émissions. Tous les domaines skiables vont également se doter, d’ici 3 ans, d’un bilan carbone. Enfin, une utilisation raisonnée et l’écoconduite des remontées mécaniques permettra également d’économiser 10% à 20% d’électricité.

Concernant la gestion de l’eau et l’agriculture, les engagements consistent à lisser les prélèvements dans le temps et à mieux optimiser les volumes de neige produits au fil des années. Les exploitants s’engagent également, en temps de sécheresse, à partager les ressources, avec les éleveurs notamment.

Concernant la protection de la biodiversité, les domaines skiables s’engagent sous 5 ans à disposer d’un inventaire précis de la faune, de la flore et des espaces naturels sur les secteurs exploités. Également sous 5 ans, 100% des câbles exposants les tétras lyre à des collisions seront équipés de repères visuels.

Au niveau des paysages, les exploitants s’engagent à réengazonner après travaux 100% des zones d’intervention avec des semences locales. Dès 2021, un grand plan de démontage des remontées mécaniques obsolètes sera mis en place et des opérations de ramassage des déchets seront mises en place chaque année.

L’hydrogène à la rescousse de l’économie

Si vous suivez l’actualité, ça ne vous aura pas échappé : l’hydrogène va sauver le monde. D’ici 2035, avions, camions, bateaux, voitures, vélo et bientôt dameuses… tout fonctionnera à l’hydrogène liquide… un carburant “propre”, pourtant très polluant à produire comme le rappelle Jean-Marc Jancovici dans l’Express cette semaine. Sur ce point, les domaines skiables en ont bien conscience et veulent “faire émerger en montagne des sources d’hydrogène décarbonées”. Cette perspective semble sans doute envisageable tant le potentiel hydroélectrique en montagne est reconnu historiquement.

Le transport et les logements : grands oubliés ?

Quand on parle bilan carbone des stations de ski, on parle déplacements, chauffage, isolation et consommation sur place. Dans ce cadre, les domaines skiables ont une petite responsabilité puisqu’une étude de 2010 analysait leur part à 2% du bilan global des stations de ski. En altitude, la majorité des émissions de gaz à effets de serre est concentrée sur deux grands postes : le transport de personnes (57% des émissions) et les usages énergétiques des bâtiments (27%). Au sein du poste “transports”, la voiture (54%) et l’avion (35%) pèsent lourd dans le bilan global. On notera également que l’acheminement des clientèles étrangères pesait en 2010 pour 25% du bilan global des stations étudiées. Une part qui a dû augmenter avec l’émergence de nouvelles clientèles comme les Brésiliens… En 2010, les émissions consolidées liées aux stations de ski étaient estimées à près de 800 000 teCO2. Les émissions liées aux domaines skiables seraient donc à 16 000 teCO2, soit l’équivalent de l’émission annuelle de 1344 familles.

Si les annonces de Domaines Skiables de France ne concernent pas ces postes importants générés par l’attractivité des domaines skiables, Alexandre Maulin, président du syndicat professionnel, notait dans le Dauphiné Libéré être “prêt à accompagner la reconversion de l’immobilier” et à “monter au créneau pour avoir plus de trains”.

Certains domaines skiables se mobilisent d’ailleurs déjà, à leur échelle, depuis plusieurs années. Ainsi, dans les stations Labellemontagne, vous bénéficiez de 5% de réduction sur le forfait journée et 10% sur le forfait séjour sur présentation de la confirmation de voyage BlaBlaCar. Même combat aux Gets où le conducteur et l’ensemble des passagers d’un véhicule 100 % électrique peuvent bénéficier d’un forfait journée Les Gets-Morzine à 34,10 € au lieu de 43 €. A Avoriaz, 20 % de réduction sur le forfait de ski est offert aux skieurs venant en BlablaCar ou BlablaBus. A Arêches-Beaufort, depuis de nombreuses années, plus il y a d’occupants dans la voiture moins le forfait est cher.

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